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El Jadida

Au centre du Maroc sur les rives de l'Atlantique, El Jadida jouit d'une position stratégique. Cité au passé prestigieux, la mythique Mazagan est aujourd'hui une agglomération de 200 000 habitants alors que sa population ne dépassait guère 4 000 habitants quatre siècles auparavant. El Jadida ne peut échapper à son destin : devenir une métropole.

El Jadida est née d'un noyau: la Cité portugaise. Située sur une rade sûre, c'était l'escale préférée des navigateurs phéniciens, carthaginois et romains. Elle a aussi abrité des colonies européennes diverse: Italiens, Français, Maltais, Sardes, Arméniens, Espagnols, Allemands et Anglais. Vers 1815, le nom d'El Jadida lui fut attribué par le sultan Moulay Abderrahmane. Elle en avait connu d'autres: Portus Rutilis, Rusibis, El Brija, El Mahdouma, Mazagao pour les Portugais et Mazagan pour les Français.

Autour d'une forteresse

Cité cosmopolite, ouverte aux musulmans, aux juifs et aux chrétiens, elle a su conjuguer les apports des peuples faisant d'elle un carrefour civilisateur remarquable. Et aujourd'hui encore, la Cité portugaise joue son rôle de milieu ouvert et tolérant en attirant les européens amateurs des bâtisses du passé réhabilitées en riads privés. Classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, cette cité est aujourd'hui le seul ensemble complet d'architecture manuéline en dehors des terres lusitaniennes.
D'aspect militaire, la forteresse conserve presque intégralement l'ensemble de ses vestiges. Les murailles imposantes, hautes de 14 m, sont percées de nombreuses meurtrières et d'une soixantaine de soupiraux. Les cinq puissants bastions défendant la forteresse sont édifiés en forme de feuille de trèfle dont trois sont tournés vers la terre et deux vers la mer.
La ville vit au rythme du marché aux épices et de la Kissaria avec ses petites boutiques de couturiers traditionnels de jellabas, éternellement accroupis sur des nattes usées. Extra-muros, la place Khattabi, fière de ses palmiers centenaires, donne un air de fraicheur aux belles maisons de style ibérique dont certaines abritent des chambres d'hôtes, formule d'hébergement inconnue dans cette ville il y a encore quelque années.
Plus loin, le visiteur fait face à un vrai château auvergnat, dit « Château rouge », construit dans les années 1920 par Marcel Buisson.
La richesse du patrimoine

El Jadida a su garder son âme malgré les contraintes du présent et les impératifs de la mondialisation. Son identité plurielle est reflétée par de riches vestiges: la Citerne, lieu fascinant qui fut le cadre de tournages de grands films tel Othello, l'Eglise paroissiale Notre-Dame de l'Assomption avec sa charpente en bois, la Mosquée de 1823, unique au Maroc par son minaret pentagonal, et la Synagogue Amiel jouxtant l'ancienne Eglise Espagnole.
La valeur historique de la ville est sublimée par le phare Sidi Bouafi construit vers 1914 par des prisonniers militaires allemands, le Ksar El Bacha au style andalou et les grandes demeures des familles juives dans les ruelles de Marchane et Isaac Hamou.

L'une de ses bâtisses appartenant à la famille Znaty s'enorgueillit de seize pièces, une grandeur phénoménale par rapport aux dimensions «étudiées» des appartements modernistes. A l'aube du XVIe siècle, le Duc de Bragance trouva une petite tour de garde-côte abandonnée dans la baie de Mazagan et s'exclama: « Voici le meilleur port du monde ». Grâce à ce port, les Portugais ont pu conquérir Mazagan et y rester pendant 267 ans. Le vieux port d'El Jadida constituait, bien avant Casablanca, le mouillage le plus sûr de toute la côte atlantique.
Aujourd'hui, il est totalement dédié à la pêche sur les 150 kms d'El Jadida.

Une ville qui bouge

El Jadida s'agrandit à une vitesse vertigineuse. Depuis une décennie déjà, la ville est à la recherche de son temps perdu. Une octogénaire se rappelle avec nostalgie le temps où les rues de la ville devenaient désertes dès le coucher du soleil. Mais l'époque de la petite cité de retraités en quête de tranquillité est bien révolue.
Aujourd'hui, El Jadida veut devenir le deuxième pôle économique du Maroc après Casablanca. Des avantages alléchants ont drainé vers elle des multinationales et les chantiers de construction prolifèrent partout sur la route en direction de Marrakech et Safi. Les prix des terrains ne cessent de grimper. Chaque jour les tentacules du béton s'allongent comme une pieuvre, et dominent les champs de figuiers et les prairies autrefois aux couleurs des coquelicots. L'enjeu est important et les jeux sont faits. Peut-être que le hasard fait bien les choses mais pas à El Jadida. Déjà personne ne croit l'histoire de la coïncidence qui aurait conduit les Portugais en 1502 vers la baie de Mazagan, comme le signalent certaines sources. La raison est plus raisonnable: la richesse du terroir. Hier comme aujourd'hui, c'est l'appât du gain qui fait tourner la roue de l'économie. Ville ouverte à l'arrière pays généreux: agriculture variée, tourisme vert et culturel naissant, perle de plages vierges, El Jadida attire les convoitises."


Texte de Mustapha Jmahri
Publié avec l'accord de l'auteur.